Et si vous contrôlez une entité étrangère dans une juridiction considérée à fiscalité privilégiée, la réglementation CFCfrançaise (art. 209 B CGI) peut s’inviter dans l’analyse.
En clair : la “bonne” structure dépend surtout de votre lieu réel de décision, de vos équipes et de vos clients.
Banque = goulot d’étranglement
L’ouverture de compte est souvent la partie la plus lente/complexe : KYC poussé (UBO, source of funds/wealth, business model, contrats, etc.).
Coûts de conformité & reporting
Déclarations, compta, parfois audit : le droit local prévoit notamment que certaines sociétés/branches avec assessable income au-delà d’un seuil doivent déposer des comptes audités (seuil cité à £1,750,000 dans le texte).
Secteurs réglementés = licences GFSC
Fintech/crypto (DLT), services financiers, jeux en ligne, etc. : sans licence/encadrement, c’est souvent impossible ou bancable difficilement.
3) Société “résidente” vs “non-résidente” : définitions et taux
Résidence fiscale (Gibraltar)
Une société est “ordinarily resident” (résidente) si sa direction et son contrôle (management and control) sont à Gibraltar (ou exercés hors Gibraltar par des personnes “ordinarily resident” à Gibraltar).
Une “non resident company” = toute société autre qu’“ordinarily resident”.
Base taxable
- Principe clé : imposition sur les revenus accrus et provenant de Gibraltar.
- En pratique, une non-résidente peut être imposée sur des revenus rattachables à une présence/activité à Gibraltar (agent, branch/management, etc.).
Taux d’IS
- 15% taux standard (depuis 01/07/2024).
- 20% dans certains cas/secteurs (utilities/énergie, etc.).
- Attention : Gibraltar a aussi légiféré sur un Global Minimum Tax (logique “Pillar Two”) pour les grands groupes concernés.
4) Idéal pour quelles activités ?
Ça fonctionne le mieux quand la réalité opérationnelle est cohérente avec Gibraltar + la territorialité :
Souvent pertinent
- Holding / gestion d’investissements (selon structure, flux, pays des filiales, substance, et fiscalité du pays du dirigeant/actionnaire).
- Services B2B internationaux (conseil, dev, SaaS) si la prestation est réellement rendue hors Gibraltar et que la gouvernance/contrats le reflètent (et que la banque accepte).
- Activités réglementées locales où Gibraltar a un écosystème : fintech/EMI, DLT/crypto régulée, gaming (mais licences + conformité lourde).
Souvent une mauvaise idée :
- “Société boîte aux lettres” sans substance : faible bancabilité + risque fiscal dans le pays du dirigeant (ex. France) + risque de requalification (PE / siège de direction effective).
5) Banques à Gibraltar (panorama)
Le régulateur (GFSC) publie la liste des banques :
- Bank J. Safra Sarasin (Gibraltar) Ltd
- Gibraltar International Bank Limited
- IDT Financial Services Limited
- Moneycorp Bank Limited
- The Royal Bank of Scotland International Limited
- Trusted Novus Bank Limited
- Turicum Private Bank Limited
- Union Bancaire Privée (UK) Limited, Gibraltar Branch
- Xapo Bank Limited
À anticiper côté banque (très fréquent) :
- identité + justificatif de domicile dirigeants/UBO, organigramme, business plan, contrats/factures, source of funds/wealth, etc.